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Domaine de Manville – les Baux de Provence (13520) | Pellen Daudé

Domaine de Manville – les Baux de Provence (13520)

MISSIONS : Mission de maîtrise d’oeuvre complète, comprenant la restauration et l’extension du domaine.

MAÎTRE D’OUVRAGE : SAS Domaine de Manville

PHASE : Chantier livré en juin 2014

BUDGET BATIMENT  : 28 000 000 euros

SURFACE : 11 500 m2 bâtis et 1,6 ha d’espaces extérieurs

PROGRAMME : Hôtel 5*, restaurants, spa, suites hôtelières, proshop, bâtiment technique.

SITE SENSIBLE :  Dans la zone de protection des Baux-de-Provence, dans le périmètre de la Directive de Protection et de Mise en Valeur des Paysages des Alpilles, dans le périmètre du Site inscrit de la Chaîne des Alpilles, dans le périmètre du Parc Naturel Régional des Alpilles, en co-visibilité avec le site du village des Baux-de-Provence (site inscrit).


Reconversion d’un domaine agricole en hôtel 5*, spa, suites hôtelières et golf éco-responsable, dans un lieu exceptionnel, au pied du village des Baux-de-Provence.

Conversion of an agricultural domain into a five-star hotel, spa, villa-hotels and an environmentally-responsible golf course, located in an exceptional site at the foot of the village of Les Baux-de-Provence.


 

Le domaine de Manville s’ouvre sur la plaine des Baux au débouché d’un vallon étroit (seuil paysager qui relie les plaines de Maussane et des Baux) et s’adosse aux versants des petites collines d’Entreconques et du Grand Méjean.

C’est un domaine d’une très grande qualité en terme de vues, d’ambiances environnementales et de patrimoine bâti. Construit en 1908, il se compose en U, entourant une très belle cour plantée de platanes centenaires.

De cette architecture agricole, faite de grands volumes, longs et hauts, simples, en pierre, voire en brique pour la magnanerie, transformés pour certains éléments par des structures béton, il fallait révéler l’esprit du lieu par une intervention minimaliste. Une intervention, sans perturbation des structures bâties, végétales et hydrauliques en place, en respectant l’harmonie du lieu, issue de l’adaptation à des usages agricoles de la plaine des Baux de Provence.

Conserver l’histoire et l’essence patrimoniale de ce lieu, c’est tout d’abord restaurer l’existant, créer dans le créé, mettre en valeur les volumes existants et ne pas hésiter à les ré-interpréter lorsque la dénaturation est avancée. Les grands bâtiments agricoles de la plaines des Baux, Arles et Tarascon, formés de hauts volumes rythmés par des grandes verticales, occultés par des bardages de bois, servant d’abri aux bottes de foin, ont servi de modèles.

Après avoir passé la grille d’entrée, traversé le gaudre et longe la ligne de cyprès, le visiteur longe la prairie, grand espace végétal ponctué de peupliers blancs. L’entrée de l’hôtel, le long d’une allée de platanes centenaires, aménagée dans l’ancienne grange, est largement ouverte sur la nature, par de grandes verrières. Le jardin d’hiver crée en continuité donne accès au SPA, qui se développe au rez-de-chaussée du grand hangar revisité. Le centre de la cour est composé autour d’une fontaine moussue qui apporte un complément de fraicheur à la voûte végétale des platanes. En fond de scène la piscine bénéficie d’un long ensoleillement. L’ancienne magnanerie, bâtiment brique et pierre, présentant une composition tripartite avec une large loggia en attique est restaurée et mise en valeur. Une grande verrière couvre l’espace bar et communique avec le cinéma et la bibliothèque.

C’est également comprendre la logique d’agrandissement du lieu, en l’accompagnant par un enroulement autour de la colline, pour la création du bâtiment du Golf. Ce bâtiment est une sorte de complément architectural qui prend également sa source dans l’esprit des bâtiments agricoles, en y apportant une écriture contemporaine permettant l’identification de sa nouvelle fonction.

Appuyés sur la ripislyve et son couvert végétal, les grandes suites s’implantent sur le volume de l’ancien poulailler en s’inscrivant sous sa large toiture. Deux autres volumes en retour, s’insèrent dans la végétation existante. Le vocabulaire architectural fait de grands volumes sous toiture à deux pentes, avec des matériaux naturels ; pierre, bois, tuiles. Dessous de larges toitures débordantes, les volumes de pierre, fermés, n’ouvrent qu’une paroi vitrée éclairant les pièces à vivre.

Sur un plan en L, un premier corps de bâtiment abrite cinq grandes Maisons Hôtelières coupant le Mistral venant du Nord. Deux autres volumes isolés, accueillent chacun deux grandes Maisons Hôtelières, et s’appuient sur le couvert végétal de la ripisylve. Fermées sur leur long pan, les Maisons Hôtelières s’ouvrent alternativement sur le pignon par de grandes verrières permettant d’embrasser le paysage du golf. Chaque Maison Hôtelière, d’une surface de plus de 200 m2, se développe sur deux niveaux, avec un niveau de cave. Résolument contemporaines dans leur partitionnement, les activités diurnes, au rez-de-jardin ; salons, salle à manger et cuisine, s’ouvrent sur une large terrasse extérieure à l’abri des regards par le traitement végétal d’accompagnement.
A l’étage, trois chambres et leurs salles de bains, domine le paysage des Baux au travers de la grande verrière.

Le bâtiment technique, d’une structure légère, socle enduit à la chaux naturelle, se munit d’un bardage de bois brut vieillissant dans les tons gris, également sous une grande toiture de tuiles débordantes.
Tout est mis en œuvre pour ne pas perturber l’équilibre naturel des lieux, sous la vue bienfaisante du rocher des Baux de Provence.